Rapport des états généraux des syndicats du secteur de l’éducation affiliés à l’UNSTB

dimanche 24 juillet 2016
par Appoline FAGLA
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RAPPORT RELATIF AUX ETATS GENERAUX DES SYNDICATS DE L’ENSEIGNEMENT AFFILIES A L’UNSTB DU VENDREDI 15 JUILLET 2016 A LA BOURSE DU TRAVAIL

Les Etats Généraux des Syndicats de l’Enseignement affiliés à l’UNSTB se sont déroulés dans la journée du vendredi 15 juillet 2016 à partir de 09 heures 40 minutes à la Bourse du Travail. Initiés par l’UNSTB les Etats Généraux ont regroupé pour la circonstance :  5 syndicats du Secondaire ;  15 syndicats du Primaire ;  et la CSEB qui est en unité d’action syndicale avec l’UNSTB ; Dirigés par le Camarade Emmanuel ZOUNON, Secrétaire Général de l’UNSTB, les travaux des Etats Généraux ont porté sur les points ci-après :  Débat général sur l’école béninoise et quelques recommandations ;  Liste des avantages d’un Secrétaire Général de syndicat ;  Présentation sur la vision ;  Définition de vision syndicale ;  Unification des forces ;  Recommandations et tâches ;  Informations diverses ;

1- Débat général sur l’école béninoise En 2014, à la faveur de l’université d’été organisée par l’UNSTB à Takon sur le thème « L’école béninoise à la croisée des chemins : agir pour ne pas subir », les problèmes de l’école béninoise ont été scrutés et diagnostiqués avec des approches de solutions qui devraient faire appel à l’audace, tellement les problèmes sont nombreux et complexes. Depuis lors, les choses n’ont pas changé, malgré les mesures correctives préconisées par les diverses instances au niveau de l’école dans son ensemble. Le constat des participants aux présents états généraux n’a pas varié par rapport à celui de 2014. C’est que l’école béninoise est malade de son programme d’approche par compétence, malade de tout le système éducatif, malade du manque d’enseignants qualifiés, malade de l’effectif pléthorique des apprenants, malade de l’insuffisance des infrastructures scolaires, malade de l’inconscience de certains enseignants, malade de la fuite de responsabilité des parents d’élèves. Face à une situation on ne peut plus préoccupante, les syndicats des enseignants et leurs leaders doivent jouer leur partition. Au-delà des revendications d’ordre salarial, les syndicats et leurs leaders doivent s’impliquer plus sérieusement dans la résolution des problèmes épineux du système éducatif national, depuis la maternelle, en passant par le primaire, le secondaire, les Ecoles Nationales d’Instituteurs. A ces différents niveaux, les syndicats ont un rôle déterminant à jouer dans le cadre du dialogue social au plan sectoriel comme au plan national. Mais le véritable problème de l’école béninoise est celui des enseignants et du personnel d’encadrement. La preuve, est que les écoles privées ne bénéficient pas de subvention, mais elles donnent chaque année des résultats encourageants malgré les problèmes qui caractérisent ce sous-secteur avec un personnel à la situation incertaine. Au regard du constat ci-dessus, les leaders des syndicats de l’enseignement doivent réfléchir ensemble pour la résolution des problèmes de l’école béninoise, parce que ensemble on est plus fort. A cet effet, certains ont formulés des recommandationsu dont entre autres : Secondaire

Primaire

Maternelle  Revoir l’âge d’inscription des enfants à l’EM ;  Relèvement du niveau de recrutement pour l’entrée à l’ENI (BAC) ;  Revoir la formation dans les ENI ;  Recruter des enseignants qualifiés ;  Former régulièrement les enseignants ;  Régler définitivement la situation des éducateurs et éducatrices ;  Augmenter le quota des corps de contrôle lors des concours de CAFCP et de CAIP ;  Permettre aux ACE de passer ces concours ;  Créer un cadre de concertation des Directeurs et Directrices de la Maternelle pour discuter de façon périodique des problèmes de l’école ;

2- Liste des avantages d’un Secrétaire Général de syndicat La pléthore de syndicats (plus de 150) dans les enseignements maternel et primaire laisse supposer que c’est parce qu’il y a un avantage particulier à devenir Secrétaire Général syndical. Les différentes interventions sur les privilèges, les avantages d’un Secrétaire Général de syndicat dans le système éducatif ont mis en évidence les motivations personnelles de certains créateurs de syndicats à travers les missions qui leur sont dévolues ès qualité et leurs privilèges : Par rapport aux missions :  le Conseil Sectoriel de Dialogue Social (CSDS) ;  le Conseil Consultatif National de l’Education ;  pour ces missions au sein des différentes structures de dialogue social les syndicats doivent être représentés de façon rotative, ce qui exclut la possibilité de deux missions en six mois pour avoir droit aux frais de mission dont 10% sont à verser par les bénéficiaires dans la caisse du syndicat d’appartenance ; Par rapport aux autres avantages :  la promotion professionnelle à travers les nominations à des postes de responsabilité ;  la facilité d’accès à l’information ;  le suivi des mutations des agents ;  accès à d’autres commissions qui se créent ;  la supervision pour la rentrée scolaire ;  la supervision pour les examens ; Devant l’attrait des avantages et privilèges des Secrétaires Généraux des 150 syndicats environ dans le sous-secteur de l’enseignement primaire, il est évident que les syndicats ne peuvent pas être efficaces, parce que ne peuvent pas être influents dans leur contribution à la résolution des nombreux et épineux problèmes des enseignants et de l’ensemble du système éducatif. C’est pourquoi, comme l’a exprimé le Secrétaire Général de l’UNSTB au cours des débats il est nécessaire d’avoir pour les syndicats de base de l’enseignement affiliés à l’UNSTB un cadre juridique de concertation dans l’esprit d’une unité d’action syndicale en attendant l’unité organique. Les Etats Généraux des Syndicats de l’Enseignement affiliés à l’UNSTB, à l’exception du SYNAEM qui regroupe tous les éducateurs et éducatrices de la maternelle, constituent une étape préparatoire de l’Université d’Eté qui aura lieu au mois d’août à Lokossa cette année 2016.

3- Présentation sur la vision Dans un exposé liminaire, le Secrétaire Général de l’UNSTB a présenté et expliqué la vision de l’UNSTB aux participants, avant d’inviter les Secrétaires Généraux présents à présenter la vision de leurs syndicats respectifs. La vision de l’UNSTB se résume à travers la volonté d’améliorer les conditions de vie et de travail de tous les travailleurs qu’ils soient de l’économie formelle ou de l’économie informelle dans le cadre de la justice sociale, dans la solidarité de toutes les couches sociales par le syndicalisme de mouvement social, et par la redistribution équitable de la richesse nationale pour la paix sociale nationale. Ainsi définie, la vision de l’UNSTB est fondée sur les idéaux de valeurs universelles de justice sociale, de partage équitable donc d’égalité de solidarité, de bien-être social général et de paix.

4- Définition de la vision syndicale et présentation de la vision des syndicats de base de l’enseignement affiliés à l’UNSTB En poursuivant son exposé, le Secrétaire Général de l’UNSTB a insisté sur la nécessité pour un syndicat de définir sa vision, sa mission stratégique et ce, dans le cadre d’une politique qui lui est propre pour mieux l’identifier et le différencier des autres syndicats qui ne partageraient pas les mêmes idéaux et les mêmes objectifs. La présentation de la vision syndicale par les Secrétaires Généraux présents a permis de constater qu’en fait de vision, les uns et les autres ont présenté les missions qui sont les siennes et qui d’ailleurs sont identiques d’un syndicat à un autre. Ce constat a montré que les différents syndicats de l’enseignement affiliés à l’UNSTB peuvent bien se mettre ensemble pour adopter une position commune face aux problèmes de l’enseignement au lieu d’aller en rang dispersé. Tous les participants ont pris dès lors conscience de la pertinence de l’unité d’action des syndicats de l’enseignement affiliés à l’UNSTB après les regroupements proposés par le Secrétaire Général de l’UNSTB pour la présentation de leur vision, et l’examen des obstacles éventuels à leur unité d’action syndicale. Des dix-huit (18) syndicats affiliés présents, douze (12) seulement ont répondu au questionnaire que le Secrétaire Général a réparti les idées forces suivant la classification ci-dessous : • Deux syndicats ont une vision plus ou moins claire ; • Huit syndicats ont fait une confusion entre vision et objectifs • Deux syndicats se sont copiés les visions (copier coller) • Tous ont surestimé leurs forces, minimisé leurs faiblesses, ignoré leurs menaces et sans opportunité

5- Unification des forces Selon le Secrétaire Général de l’UNSTB, l’unification des forces est une nécessité, et c’est l’option faite par l’UNSTB qui est en unité d’action syndicale avec la CSEB dont une des Fédérations Syndicales d’Enseignants est ici représentée. Les syndicats affiliés qui ne vont pas accepter cette option sont invités à quitter simplement l’UNSTB. En dehors du SYNAEM invité à regrouper tous ses membres présents pour le partage d’informations les concernant, les dispositions pratiques ci-après sont mises en place pour rédiger leur vision suivant leur nouvelle aspiration :  les syndicats du Secondaire (4) se mettent ensemble en se détachant de ceux du Primaire pour proposer leur vision et voir les obstacles à leur unité d’action ;  les deux syndicats du Privé vont se retrouver pour définir leur vision et voir les obstacles à leur unité d’action ;  le groupe AGOSSOUVE (au nombre de 4 y compris lui-même) va définir sa vision et voir les obstacles à une unité d’action ;  le groupe de AGBOHOUNKA (au nombre de 3 y compris son propre syndicat) va définir sa vision syndicale et voir les obstacles à une unité d’action ;  Les non inscrits se mettent ensemble et enfin,  les syndicats du secondaire et ceux du secondaire détachés des syndicats du primaire-privé n’appartenant à aucun des groupes ciblés ci-dessus vont se mettre ensemble pour le même exercice. Les groupes constitués sont les suivants :  Groupe N°1 + SYNECRAAPPA + SNPC-Bénin + SYNADESEB + SYNETRAP-Bénin + IM-Bénin  Groupe N°2 + SYNIADEQ-B + SNEP-B + SYNEERQ-B + SYNEDEQ-B  Groupes N°3 + SYNIA-EP-Bénin + SEMPLYC-Bénin + DIGNITE + SNECE • Groupe N°4 + SYNAPEMAP + SYNAEP • GROUPE N°5 + SYNAPEMAP SECONDAIRE + SYNAEP SECONDAIRE + SYNAPROLYC + SYNAPPEC La restitution des travaux Voici les nouvelles visions de chaque groupe : Groupe 1 : Mobiliser, unir, organiser, promouvoir le bien être et former tous les enseignants en vue d’améliorer leurs conditions de vie et de travail. Œuvrer pour la revalorisation de la fonction enseignante par le décrochage effectif et total. Travailler pour un syndicalisme de développement au service de l’éducation. Groupe 2 : Le mouvement syndical dans l’enseignement doit être au service du développement, dans les actions de solidarité pour l’édification d’un système éducatif de qualité, de dignité et d’égalité des chances dans le respect de l’approche genre. Groupe 3 : La seule motivation de l’action syndicale est l’intérêt des travailleurs dans la solidarité agissante et le dialogue social pour la paix sociale dans le pays. Groupe 4 (privé) : Les acteurs de l’enseignement privé doivent s’investir dans le mouvement syndical comme un moyen d’épanouissement des enseignants et des personnels d’appui, mais aussi et surtout pour permettre aux écoles privées de jouer pleinement leur participation dans la transparence et le respect des normes pour un enseignement de qualité au service de la société Groupe 5 : Le mouvement syndical dans le secondaire se veut un tremplin pour la création et l’amélioration de meilleures conditions de vie et de travail de tous les enseignants du public et du privé en activité ou non et pour la construction et la consolidation d’une nation vertueuse d ans la solidarité et la paix, grâce à des ressources humaines de qualité. Comment y aller ? Une fois les visons partagées, les différents groupes ainsi constitués ont répondu à la question comment réaliser leurs objectifs ? les comptes-rendus des travaux des différents groupes ont donné les résultats ci-dessous Groupe 1 : Nous nous engageons à l’unité syndicale ; Groupe 2 : Créer une unité d’action syndicale et rester solidaire dans une intersyndicale ; Groupe 3 : Nous nous engageons à fusionner nos forces et faiblesses pour une unification des idées et des actions pour un regroupement (intersyndical) ; Groupe 4 (privé) : Nous devons nous mettre ensemble tout en gardant notre autonomie et notre indépendance ; Groupe 5 : Nous devrons œuvrer pour une cohésion syndicale afin de rendre fort le syndicalisme au sein du secteur de l’éducation ; Aux termes des débats qui s’en sont suivis, les engagements ci-après ont été pris par les secrétaires généraux :  rendre compte à leur base à leur retour ;  réunir leurs bureaux respectifs pour discuter des engagements pris afin d’avoir le mandat pour les décisions à l’occasion de l’Université d’Eté en vue à Lokossa ;  prendre et fixer la date de la tenue de leur congrès ;  Ceux du secondaire confondu aux primaires obtiennent le mandat d’autonomie Le mot de fin est revenu au Secrétaire Général de l’UNSTB, qui a lancé un appel pressant aux leaders des syndicats présents aux Etats Généraux pour qu’ils se mettent aux pas pour la réalisation des objectifs d’unité d’action syndicale qu’ils se sont fixés tout en les invitant à l’Université d’Eté édition 2016 qui aura lieu à Lokossa et portera sur le thème : « L’unité d’action syndicale au sein de la Confédération Syndicale UNSTB : cas des syndicats de l’enseignement ». Il a rassuré les participants que la date sera communiquée très prochainement et que chaque syndicat aura droit à cinq places dont obligatoirement deux femmes et un jeune de moins de 35 ans. Les Etats Généraux des syndicats de l’enseignement affiliés à l’UNSTB ont pris fin vers 17 heures à la satisfaction des participants.

Fait à Cotonou les jours, mois et an que dessus.

Le Rapporteur Général


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